Les Personnalités Psychiques et le Comportement du Sophrologue face à elles

Dans le cabinet du sophrologue, la demande est certes corporelle dans un premier temps, et elle laisse toutefois une large part au psychisme lié à « l’inconscient corporel ». Que serait le corps sans la tête et la tête sans le corps ? C’est dans cette globalité que le sophrologue convie son client dans cet espace de soin. Il est donc tenu de se préparer à différents types de personnalités. Suivre une formation en psychopathologie, suivre une psychothérapie personnelle, et être suivi par un superviseur sont fortement conseillés. Il y va du respect du client et de la bonne santé psychique du sophrologue, qui n’est pas à l’abri des perturbations de son client.

Qu’est-ce que la personnalité ? On pourrait dire qu’elle est synonyme de ce que l’on appelle dans le langage courant « caractère ». Un trait de personnalité est la manière habituelle de se comporter face à l’environnement. Les différentes personnalités psychiques se construisent dès la naissance, d’aucuns diront, avant même la naissance, dès la conception.

J’ai classé les différents types de personnalités selon leurs traits de caractère et leurs types de comportement, en m’inspirant du livre de F. Lelord et C. André, « Comment gérer les personnalités difficiles ».

Bien entendu, chacun pourrait se reconnaître dans une de ces personnalités, voire dans un mélange de deux d’entre elles, ou plus.
Précisons que le qualificatif « difficile » s’applique à un excès de ces traits de caractère et non à une « tendance » à se comporter de telle ou telle manière.
Tous ces traits de caractères se retrouvent chez les personnes qualifiées de « normales », seul leur excès signant une pathologie. Si c’est le cas et que le comportement en question devient difficile à supporter, ce n’est pas forcément à l’entourage de s’y adapter à tout prix au risque d’être amené à consulter en lieu et place de la personne incriminée (ce qui arrive plus souvent qu’on ne le croit !).

Je vous invite donc à un voyage au travers des comportements humains. Même si ces comportements sont multiples, il peut être utile de les classer. Mieux les reconnaître peut aider à mieux les gérer pour mieux s’en occuper !

Je précise que le terme de personnalité, même s’il est féminin, désigne les hommes et les femmes, j’emploie donc indifféremment, il ou elle pour parler des clients. C’est bien le terme de « client » qui est retenu aujourd’hui pour les sophrologues, désignant la personne venant consulter.

La personnalité anxieuse.

Chaque circonstance de la vie s’avère pour elle être une source de danger. Quelle que soit l’action, elle évalue en priorité les risques à courir, et considère, parmi toutes les issues possibles, la plus défavorable. 5 mn de retard, et c’est immédiatement l’accident mortel qui est envisagé. On peut parler d’un dérèglement du système d’alarme.

Un tel personnage vit dans un état de tension perpétuel aussi bien sur le plan psychique que sur le plan physique. Il vit en effet en hypervigilance constante, recherchant le contrôle absolu de son environnement. Il anticipe constamment les dangers potentiels et freinera souvent ses performances tant il a peur de ne pas y arriver.

Individu très prévoyant et consciencieux, il sera en revanche un employé modèle très prisé par ses supérieurs (mais à quel prix !).

Il faut savoir que ces multiples sources d‘anxiété ne sont que le déplacement sur le monde extérieur d’une angoisse intérieure beaucoup plus profonde et inconsciente que la personne anxieuse a tout intérêt à rechercher et à traiter.

La sophrologie est une indication de choix pour ce type de problème. Elle aide la personne à mieux respirer, à gérer des troubles du sommeil souvent associés, rééquilibrer son alimentation en limitant l’apport de sucres, notamment. Un complément en magnésium peut s’avérer également utile.

La personnalité dépressive.

Son pessimisme est omniprésent tant le côté négatif des choses est surévalué. Comme l’anxieux elle pense avant tout aux difficultés, mais plus sur le mode du découragement que sur celui de la peur. Son humeur reste triste et soucieuse. Rien ne lui semble agréable, elle semble incapable d’éprouver le moindre plaisir. Elle est en proie à des sentiments fréquents de culpabilité et de dévalorisation. D’où des difficultés de communication dues au fait qu’elle ne se sent pas être un interlocuteur à la hauteur.

Elle s’effacera rapidement dès qu’il faudra revendiquer ou demander quelque chose comme si c’était égoïste de défendre son individualité et sa place dans le monde. De toute façon, elle a l’impression qu’elle n’a pas droit au bonheur, voire que tout bonheur devra être immanquablement puni d’un malheur ; en conséquence, mieux vaut l’éviter !

L’agressivité fortement réprimée et la culpabilité omniprésente chez ces personnes contribuent largement à la forte dégradation de l’image de soi.

A titre préventif, il serait utile d’éviter dans l’éducation tout ce qui tend à donner à l’enfant une mauvaise image de lui-même, lui imposer des idéaux de perfection qu’il est incapable d’atteindre et qui lui laisseront un sentiment d’insuffisance et de culpabilité, qui pourra conduire au développement d’une personnalitédépressive.

La sophrologie, parfois aidée par une prise en charge psychologique va aider ces personnes à positiver et surtout reconstruire une image de soi initialement dégradée. Elle va aider cette personne à voir le verre à moitié plein et non à moitié vide. C’est cela, positiver ! en quelque sorte.

La personnalité histrionique.

Anciennement appelée hystérique, le mot a été enfin abandonné à cause de son étymologie qui fait allusion à l’utérus ; or il existe aussi des hommes hystériques ! D’autant plus que le terme avait pris dans le « grand public » une connotation nettement péjorative. Histrionique a pour origine le mot grec « histrio », acteur de théâtre.

En perpétuelle représentation théâtrale, une telle personnalité est habitée d’un grand besoin de séduire, d’être l’objet de l’attention générale. Il est évident pour qui l’observe qu’elle cherche en permanence à attirer l’attention, et pour cela elle n’hésite pas à utiliser la provocation (par sa tenue vestimentaire, ou une fausse éloquence, entre autres).

L’infantilisme est manifeste et elle utilise fréquemment une attitude de petit enfant perdu qui appelle à l’aide, se positionnant en tant que victime. Ses émotions sont extrêmement changeantes, son discours d’ailleurs est très émotionnel et très souvent au superlatif et alterne avec un mutisme boudeur, souvent provocateur. Elle souffle le chaud et le froid, passant d’un mode franchement séducteur à l’indifférence la plus totale.

Sous cette brillante apparence se cache en fait une personne dévalorisée, en manque d’estime de soi, qui cherche à se rassurer dans le regard de l’autre.

En pathologie, elle peut souffrir de paralysies, spasmes, contractures, douleurs abdominales, et autres symptômes dits de « conversion ».

Cette personnalité est très accessible à la sophrologie en raison desa sensibilité à la suggestion. Le sophrologue va l’aider à travailler sur l’estime de soi, la confiance en soi, notamment avec des exercices de posture, grâce à la Relaxation Dynamique.

La personnalité obsessionnelle.

Elle recherche en permanence la perfection. Ce qui n’est pas parfait à 100% est considéré comme un échec total. Son attention au détail est telle qu’elle en perd souvent de vue l’ensemble. Si elle est perpétuellement envahie par le souci de bien faire, elle a toutefois tendance à penser que sa méthode est la seule qui garantisse la perfection et ses règles les seules acceptables. Ce qui lui fait considérer que les autres ne sont pas fiables.

Habitée souvent d’un reliquat du sentiment de toute puissance infantile, elle se sent responsable de son environnement et de tout ce qui s’y passe, elle prend la responsabilité de le maintenir en ordre. Autant dire que la culpabilité est souvent au rendez-vous !

Elle a tendance à se laisser envahir par le doute, tant chaque décision semble difficile de peur de commettre une erreur. La rigueur morale et les scrupules peuvent devenir étouffants.

Elle fait preuve d’une certaine froideur relationnelle, c’est une personnalité qui a beaucoup de mal à se montrer chaleureuse. Elle a de grandes difficultés à exprimer ses émotions, en particulier l’enthousiasme.

D’autres caractéristiques essentielles sont l’entêtement, le goût de l’ordre et de la propreté, de la symétrie, du classement, une tendance à la vérification, à la procrastination, à l’accumulation, la collection…

Cette personnalité est accessible à la sophrologie si la rigidité psychique n’est pas trop intense, permettant ainsi un minimum de remise en question. Le sophrologue va l’aider à travailler sur le lâcher prise.

La personnalité « borderline », on parle souvent « d’états-limites ».

Son humeur très instable vient d’un très mauvais contrôle émotionnel, en particulier de la colère.

Elle est habitée par une demande excessive d’amour et d’assistance qui alterne avec des fuites brutales quand l’intimité devient menaçante ou qu’elle se sent « trahie ».

A elle, s’applique plus particulièrement la métaphore des « hérissons » de Schopenhauer, reprise par Freud : loin, ils ont froid et tendent à se rapprocher ; près, ils se piquent et doivent s’éloigner. Ils finissent par trouver une distance moyenne qui leur rend la situation supportable.

Colère, ennui et désespoir trouvent souvent remède dans l’alcool ou les addictions de toutes sortes. L’image incertaine que de telles personnes ont d’elles-mêmes, signant ainsi une faille narcissique et l’idée floue qu’elles se font de leurs besoins, les conduisent à des changements de cap brutaux dans leur vie.

Elles sont en lutte perpétuelle contre ladépression narcissique et la tentation du suicide.

Ce comportement sera amélioré de manière significative par la sophrologie, en raison du travail sur le schéma corporel et les limites du corps à condition que le sophrologue soit capable d’ajuster la distance de la relation à celle du patient. Ni trop loin, ni trop près, et en tout cas, très stable ! Conseiller à son patient de prendre l’avis d’un psychiatre me semble indispensable.

La personnalité dépendante.

N’ayant aucun recul et aucun esprit critique par rapport aux autres, elle les trouve toujours supérieurs à elle et en déduit que son intérêt est donc de les suivre. Elle a un besoin constant de se faire accepter des autres, même s’ils ne lui correspondent pas vraiment, voire ne lui conviennent pas du tout.

Pour cela, elle est toujours prête à faire de nombreuses concessions, se soumettre à leurs avis, ne jamais dire non et faire les corvées dont les autres ne veulent pas. Beaucoup de gens « serviables », appréciés pour leur amabilité et leur complaisance se trouvent dans cette catégorie. 

Sa crainte principale est de se retrouver seule, car elle se sent incapable de faire les bons choix, de prendre des initiatives, compte tenu du fait que l’autre est toujours plus compétent et a pour mission de la rassurer. Ainsi, une telle personnalité laissera à son partenaire la responsabilité de construire sa vie, au risque que cette dernière ne lui convienne pas du tout et ne laisse aucune place à ses besoins et son individualité. Elle se contentera de « suivre le mouvement ». Est-il besoin de dire que de nombreuses personnalités dépressives sont également dépendantes ?

La relation s’instaure en 3 phases :

– La première est une phase d’ « accrochage », où tout est fait pour se faire accepter.
– La deuxième est une phase de dépendance, de symbiose où elle se laisse porter par l’autre.
– La troisième est une prise de conscience de sa vulnérabilité, de sa dépendance qui débouche sur la peur de perdre l’autre devenu indispensable à sa survie.
En effet, à force de croire qu’elles ne peuvent rien faire seules, ces personnalités dépendantes finissent par ne plus « savoir » effectivement !

Craignant avant tout de perdre son lien à l’autre, cette personne est incapable de se séparer de qui que ce soit, même d’une relation toxique pour elle.

Ces personnes vivent, de manière plus aiguë que les autres, le conflit dépendance-autonomie, sachant que la dépendance protège et rassure alors que l’autonomie permet la liberté d’être soi-même et valorise. Cette autonomie doit pouvoir passer par l’éloignement de ceux qu’on aime avec la certitude que cet amour ne sera pas détruit.

Parents insécurisants ou au contraire surprotecteurs entravent cette démarche vers l’autonomie et déposent ainsi le germe d’une future personnalité dépendante.

Quand la pathologie est importante, ces personnalités dépendantes font preuve d’exigences démesurées par rapport à leur entourage qu’elles finissent par tyranniser. Ce peut être la version culpabilisante : « Si tu m’abandonnes, j’irai très mal et ce sera ta faute », grand classique de la rupture amoureuse ! Ou à l’inverse elles peuvent faire le choix de partenaires violents, dominateurs et possessifs qui les maltraiteront physiquement et/ou moralement.


La sophrologie apporte une relation “maternante” qui peut naître de la relaxation et du travail sur les ancrages au niveau du corps. Le sophrologue devra toutefois ne jamais oublier son rôle de “passeur” vers l’autonomie de la personne, un travail sur la responsabilisation et l’estime de soi.

La personnalité passive-agressive.

Une telle personnalité résiste habituellement aux exigences des autres dans les domaines professionnels ou personnels, discute exagérément les ordres, critique les figures d’autorité. Tout ceci de manière détournée : elle fait trainer les choses, est volontairement inefficace, oublie, se plaint d’être incomprise ou méprisée, ou injustement traitée.

Dans le cabinet du sophrologue, c’est le client, qui va porter aux nues le praticien : « c’est une séance extraordinaire », et qui va négliger de reprendre rendez-vous, n’ayant pas son agenda sous la main « je vous rappellerai », et qui ne rappelle pas. Le sophrologue doit se garder de se sentir responsable, doit éviter de le rappeler, et doit comprendre dans ce comportement qu’il a affaire à quelqu’un qui ne sait pas dire non, et qui le dit en fait de manière détournée.

La personnalité évitante.

Cette personne a peur de toutes les situations où elle risque d’être rejetée ou embarrassée : oral d’examen, rencontre nouvelle. Pour supprimer ce risque d’être rejetée, elle évite justement toutes les situations à risque, et cette crainte exagérée de l’échec et du rejet lui fait préférer des situations qu’elle est certaine de maîtriser, réduisant ainsi son champ d’action. Craignant particulièrement d’être critiquée, moquée, elle évite d’entrer en relation avec les gens tant qu’elle n’est pas assurée d’une bienveillance inconditionnelle de la part de l’autre. Ayant une faible estime de soi, elle sous-évalue ses capacités et dévalorise ses réussites.

Le sophrologue va lui proposer un travail sur l’estime de soi, le ressenti dans son corps en le recentrant sur la conscience de soi, en utilisant les cinq sens.

Un certain nombre de personnalités viennent rarement consulter dans le cabinet de sophrologie. Il peut être toutefois, intéressant et utile de savoir les repérer le cas échéant, afin de gérer au mieux la relation thérapeutique si elle doit s’instaurer. En voici quelques exemples :

La personnalité narcissique.

Ces personnes ont une opinion grandiose d’elles-mêmes, persuadées qu’elles méritent plus que les autres. Elles n’ont de cesse que de se mettre en avant, leur principale préoccupation étant leur propre succès. Avides de l’admiration des autres, elles ne supportent aucune critique.

L’aspect extérieur prend évidemment une large place, ces personnalités accordent beaucoup d’importance à leur apparence physique et vestimentaire.

Leur comportement est souvent manipulateur. Ils cherchent à déclencher chez l’autre des émotions afin de l’amener à satisfaire leurs buts. Ainsi peuvent-ils jouer avec les émotions des autres, alternant séduction, flatterie, critique, ou culpabilisation, leur peu de compassion les amenant à se moquer totalement des émotions pénibles qu’ils déclenchent chez les autres.

Quand ils ne se sentent pas estimés à leur juste valeur ou qu’on ne va pas dans leur sens, ils éprouvent très rapidement colère et rage : en bref, tout le monde doit partager leur point de vue. Ils ont besoin d’être entourés d’une cour d’admirateurs, se plaignent amèrement des autres dès qu’ils leur refusent quelque chose. Ce sont eux qui font par exemple un esclandre dans un restaurant si on ne leur donne pas la meilleure table (sans se soucier de la gêne qu’ils déclenchent dans leur entourage qui lui ne considère pas forcément que la première place leur est due !).

Très séduisants dans un premier temps, ils deviennent très vite insupportables à force d’en vouloir toujours plus.

Beaucoup moins solides qu’ils en ont l’air, leur intolérance à l’échec peut entraîner une réelle réaction dépressive.

Une telle personnalité vient rarement consulter, mais pourquoi pas ?  

La personnalité paranoïaque.

Elle se caractérise par une défiance exagérée, l’impossibilité de faire confiance à qui que ce soit. Elle a tendance à tout interpréter comme le résultat d’un acte malveillant et se tient par conséquent toujours sur ses gardes.

Sa rigidité psychique est immense : rien n’ébranle ses convictions. Ceci lui donne une force de conviction et d’argumentation qui en fait un redoutable procédurier. Ce sont d’ailleurs les rois des procès où ils excellent du fait de leur côté rationnel, froid, logique et inébranlable, ainsi que leur extrême préoccupation à faire valoir leurs droits. En effet, très faciles à offenser, ils sont prêts à des représailles disproportionnées.

Très méfiants, ils sont prêts à rechercher les preuves de leurs soupçons dans les petits détails, au détriment souvent de l’ensemble. Ils sont d’ailleurs très souvent d’une extrême jalousie inavouée !

Ils ont un sens de l’humour un peu « grinçant » et manifestent de toute manière peu d’émotions.

Leur côté agressif et mégalomane peut les prédestiner dans les cas extrêmes à la « carrière » de dictateur.

On n’en rencontre pas beaucoup en consultation, mais on peut en rencontrer dans sa vie personnelle, alors autant savoir les reconnaître…

La personnalité schizoïde.

Son apparence est extrêmement réservée. Sa très grande difficulté à communiquer peut parfois donner l’impression à ses interlocuteurs qu’ils le dérangent, qu’ils l’empêchent de rester dans « son monde ». Très mal à l’aise en société, il aura tout naturellement un fort penchant pour la solitude. Il se lie rarement, ne cherche pas la compagnie des autres. Il semble indifférent à l’opinion d’autrui, tant aux compliments qu’aux critiques, et donne une apparence de mystérieuse impassibilité.

Peu enclins à consulter, ouf ! il faut, si c’est le cas, bien expliquer qu’il y a une différence manifeste entre sophrologie et ésotérisme, compte tenu de la forte propension de certains d’entre eux à aller vers ce domaine.

La personnalité sociopathe.

Elle se caractérise par un total manque de respect tant des autres que des règles et des lois de la vie en société. Ils fonctionnent sur un mode impulsif qui privilégie le passage à l’acte immédiat sur la mentalisation de l’acte. Très instables et insoumis, ils sont dénués de tout sentiment de culpabilité. En positif, on pourrait souligner leur goût de l’aventure et leur audace si elles n’étaient mises le plus souvent au service de la délinquance.

Bien sûr, ne consulte pas ! et c’est tant mieux.

Les personnalités « perverses »

Tout praticien rencontre sur son chemin professionnel ou personnel, un jour ou l’autre, une personnalité perverse. Savoir la reconnaître peut éviter bien des désagréments. Si cet article n’avait qu’une seule raison d’être, ce serait bien celle-ci.

Un jour, un individu très sympathique, séducteur hors-pair, flatteur, utilisant des comparaisons fort honorables, manifestement intelligent, sachant lire dans les pensées du sophrologue, entre dans votre cabinet, surtout si vous êtes fraichement installé. Il sait déjà que vous être novice en la matière. On pourrait presque le considérer comme un ami, il est à l’écoute, entre dans votre intimité, fait des compliments. Le piège se referme. C’est lui ou elle qui établit les conditions de l’alliance, faisant promettre de ne jamais l’abandonner, jouant subtilement sur la notion de non-assistance à personne en danger. Il est tout seul sur sa planète, totalement centré sur soi.

C’est l’histoire du scorpion et de la grenouille. La grenouille s’apprête à traverser la rivière à la nage, quand le scorpion s’approche et lui dit :

« Petite grenouille, toi qui es si gentille, prends-moi sur ton dos pour traverser, je ne sais pas nager…

  • Ça ne va pas ? tu vas me piquer !
  • Mais non ! pourquoi ferais-je cela, je ne suis pas fou, je me noierais avec toi en faisant cela…
  • Tu es sûr ?
  • Bien entendu ! tu ne risques rien ! »

La grenouille se laisse convaincre et prend le scorpion sur son dos pour traverser. Au milieu de la rivière, elle ressent une atroce douleur dans le dos !

« Mais tu m’as piquée, pourquoi as-tu fais ça ? C’est idiot on va se noyer tous les deux !

  • Je sais, mais je n’ai pas pu m’en empêcher, c’est plus fort que moi ! »

A ce propos, vous connaissez la chanson « Confidence pour confidence » de Jean Schultheis, ce tube des années 80 ? Ecoutez bien les paroles, relisez-les, tout est dit !

Alors, face à ce genre de personnalité, il n’y a qu’une issue possible : savoir mettre fin à la relation. Aucune solution thérapeutique n’est à votre portée. On comprend bien la notion absolue d’être supervisé lorsqu’on s’installe…

Pour conclure ce descriptif des traits de caractères les plus fréquents, je ne saurais dire à quel point encore une fois je peux m’émerveiller devant la richesse et la complexité de l’être humain ! Car bien entendu autour de ces descriptions très schématisées se trouvent toutes les combinaisons possibles : narcissique/histrionique, obsessionnel/dépressif, anxieux/dépendant et bien d’autres encore.

Les proportions relatives de toutes ces combinaisons possibles varient d’un individu à l’autre et se modulent en fonction de chaque histoire individuelle. Ce qui fait que vous ne trouverez jamais deux êtres totalement identiques même si les mécanismes qui sous-tendent ces comportements le sont. C’est également avec ce « matériel de base » que les gens entrent en relation les uns avec les autres pour se compléter, s’opposer, s’enrichir où se détruire tissant ainsi la gigantesque toile des relations humaines. Alors parler de protocoles prédéfinis, me parait insensé, dangereux et totalement irresponsable !

Je rappelle s’il en est besoin que tous ces traits de caractère ne sont en rien pathologiques s’ils ne se trouvent pas en excès.

Par Isabelle FONTAINE

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