La Sophrologie face aux Problèmes de Poids

Écrit en 2004 dans la Revue Santé Intégrative.

Le premier est celui de Martine, qui exerce une profession libérale. Elle en a marre des régimes. Elle est très corpulente, elle apparaît gentille, voire séductrice, comme si elle masquait son surpoids par un surplus de gentillesse.
Sa demande est bien précise : elle veut faire une psychothérapie pour savoir “pourquoi” elle mange ainsi et est sujette à des accès de boulimie.

Je lui propose, tenant compte de ses résistances, de son vécu émotionnel, une Sophromnésie Emotionnelle*. Au cours de la séance, elle laisse remonter des émotions très fortes, avec des pleurs. Elle se revoit à 7-8 ans, dans la cuisine, attendant sa mère qui quotidiennement arrive avec la baguette de pain sous un bras, et ses copies à corriger sous l’autre ; elle est institutrice. Martine se jette alors sur cette baguette. Dans la séance, ses pleurs à cet instant redoublent et s’accompagnent de sanglots. Elle prend conscience que sa mère, occupée à corriger ses copies, ne prend pas le temps d’être avec elle.
Puis elle a conscience que, dans ses moments compulsifs, elle se jette sur la nourriture, quand elle se sent seule et triste. Elle compense avec la nourriture. Elle fait le lien entre le peu d’affection de sa mère, et cette baguette, seul contact physique affectif avec sa mère.


La conduite thérapeutique a été de lui proposer de se “remplir” avec la respiration par des séances de sophrologie, afin de ressentir le bien-être d’un ventre qui se détend à l’expiration, et d’écrire sur une feuille, avec des mots, sur son mal-être et son ressenti. Elle a pu ainsi gérer sa frustration, et le manque se comblait de lui-même. Le remplissage respiratoire et le remplissage des mots sur la feuille l’ont aidée à mieux gérer ces situations compulsives et à retrouver une estime de soi, malgré quelques rechutes.
Cette démarche a été le plus “gros” de sa thérapie. Les séances sont devenues aussi moins compulsives et ont pu s’espacer. Je l’ai revue dans un autre cadre deux ans plus tard. Elle avait littéralement fondu. Elle était devenue une autre femme. En un mot, elle sait gérer, et digérer ses trop-pleins émotionnels et ses manques.

Le deuxième cas concerne Florence, qui a choisi de se faire poser un anneau gastrique, et souhaite être accompagnée dans cette démarche. En un an, elle a perdu 50 kg. Elle a d’abord appris à déculpabiliser de la pose de l’anneau. Son obésité était dite “morbide”. Cet anneau, c’est un peu comme un “dictateur intérieur” reconnaît-elle, mais c’est elle qui en a fait la demande, c’est son désir. Elle n’est plus sujette au dictateur extérieur que représente son entourage, et sur lequel elle n’avait pas de prise. Dans toute sa vie sociale, elle ne sait pas dire non, et n’arrive pas à gérer cet aspect convivial obligatoire, notamment au restaurant. Maintenant, elle s’autorise à dire : « Non, je ne peux pas, avec mon anneau gastrique ». Il y a eu un véritable travail sur le comportement. Elle a toujours considéré que c’était dans les gènes, puisque l’obésité touchait toute la famille. Elle a pris conscience d’un conditionnement, et de ce qui se passait au niveau affectif. L’affectif passait par la nourriture.

Par Isabelle FONTAINE

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